Bien qu'aboli depuis 1981, l'esclavage par ascendance (l'enfant d'une esclave «hérite» de sa condition) perdure en Mauritanie. De nombreux Haratine (descendants d’affranchis noirs africains) conservent le statut d’esclave et, à ce titre, sont toujours considérés inférieurs à leurs maîtres, issus quant à eux de la communauté maure (descendants de conquérants arabo-berbères). 

Dans ce pays d'Afrique de l'ouest, l'omerta qui entoure l’esclavage est telle que, même une fois libérés, la plupart des affranchis gardent le silence, craignant de se voir emprisonner s’ils venaient à témoigner.


D'une manière générale, les noirs et les Haratine de Mauritanie sont bien souvent victimes de discrimination et relayés au rang de citoyens de seconde zone. 


En avril 2017, je me rendais une ultime fois en Mauritanie. Désormais « persona non grata » je dois me contenter d’enquêter à distance sur l’esclavage qui sévit toujours dans ce pays.

Retour en images sur ces deux années d’enquête. 


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Depuis la promulgation de la loi criminalisant l’esclavage en 2007, Saïd et Yargue sont les premiers à avoir obtenu la condamnation de leurs anciens maîtres. Si le jugement a assurément enfoncé une porte close, la peine prononcée reste cependant toujours en deçà des sanctions prévues par les textes.
Yargue enfile sa plus belle chemise pour assister au verdict du procès de ses maîtres. Nouakchott, novembre 2016. ×

Depuis la promulgation de la loi criminalisant l’esclavage en 2007, Saïd et Yargue sont les premiers à avoir obtenu la condamnation de leurs anciens maîtres. Si le jugement a assurément enfoncé une porte close, la peine prononcée reste cependant toujours en deçà des sanctions prévues par les textes.
Yargue enfile sa plus belle chemise pour assister au verdict du procès de ses maîtres. Nouakchott, novembre 2016. ×
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En l’absence de foyer d’accueil pour les affranchis, Yargue et Saïd vivent chez le meneur abolitionniste, Biram Dah Abeid, où ils partagent le quotidien d’autres anciens esclaves 

Yargue fait ses devoirs dans le salon avant de passer à table. Quartier de Péka, Nouakchott, novembre 2016.

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En l’absence de foyer d’accueil pour les affranchis, Yargue et Saïd vivent chez le meneur abolitionniste, Biram Dah Abeid, où ils partagent le quotidien d’autres anciens esclaves 

Yargue fait ses devoirs dans le salon avant de passer à table. Quartier de Péka, Nouakchott, novembre 2016.

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Moctar, 17 ans. : L'adolescent aux yeux malicieux et au sourire charmeur vit ici depuis deux ans. Lorsqu’il a fui ses maîtres, sa mère, elle-même esclave, a coupé tout lien avec lui de crainte qu’une malédiction ne s’abatte sur elle.


Moctar a du mal à se concentrer sur ses devoirs. Nouakchott, novembre 2016.

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Moctar, 17 ans. : L'adolescent aux yeux malicieux et au sourire charmeur vit ici depuis deux ans. Lorsqu’il a fui ses maîtres, sa mère, elle-même esclave, a coupé tout lien avec lui de crainte qu’une malédiction ne s’abatte sur elle.


Moctar a du mal à se concentrer sur ses devoirs. Nouakchott, novembre 2016.

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En l’absence de foyer d’accueil pour les affranchis, de jeunes anciens esclaves vivent chez le meneur abolitionniste, Biram Dah Abeid. 

Quartier de Péka, Nouakchott, novembre 2016.

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En l’absence de foyer d’accueil pour les affranchis, de jeunes anciens esclaves vivent chez le meneur abolitionniste, Biram Dah Abeid. 

Quartier de Péka, Nouakchott, novembre 2016.

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Saïd regarde un match de foot à la télévision lors d'une sortie en centre-ville. Nouakchott, novembre 2016.

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Saïd regarde un match de foot à la télévision lors d'une sortie en centre-ville. Nouakchott, novembre 2016.

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En l’absence de foyer d’accueil pour les affranchis, M'Barka vit chez le meneur abolitionniste, Biram Dah Abeid, où elle partage le quotidien d’autres anciens esclaves. 

 Quartier de Péka, Nouakchott, novembre 2016.

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En l’absence de foyer d’accueil pour les affranchis, M'Barka vit chez le meneur abolitionniste, Biram Dah Abeid, où elle partage le quotidien d’autres anciens esclaves. 

 Quartier de Péka, Nouakchott, novembre 2016.

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Entre 1989 et 1991, sous couvert de mettre fin à une tentative de coup d’état orchestrée par le FLAM (Forces de Libération Africaines de Mauritanie, premier mouvement national d’émancipation noire), le gouvernement ordonne l’arrestation de militaires et de civils appartenant à la communauté négro-mauritanienne. Des centaines d’hommes seront alors emprisonnés dans des camps où beaucoup périront. 

Le camp d’Inal, situé dans la région de Nouadhibou, atteindra le sommet de l’horreur le jour du trentième anniversaire de la Mauritanie ( 1990) .Vers minuit, 28 prisonniers y seront pendus les uns après les autres afin de célébrer la fête nationale. La plupart des corps des détenus ne seront jamais rendus à leurs familles et aucun des bourreaux ne sera inculpé. 

En 1993, une loi d’amnistie empêchant toute éventuelle poursuite des coupables sera adoptée par le gouvernement.


Aujourd’hui, les veuves et les orphelins, organisés en collectifs (COVICIM) , demandent que justice soit faite.

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En Mauritanie les noirs et les Haratine  sont bien souvent victimes de discrimination et relayés au rang de citoyens de seconde zone.  Si bien que beaucoup de jeunes négro-mauritaniens peinent  à se faire recenser.  

Nouakchott, avril 2017

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En Mauritanie les noirs et les Haratine  sont bien souvent victimes de discrimination et relayés au rang de citoyens de seconde zone.  Si bien que beaucoup de jeunes négro-mauritaniens peinent  à se faire recenser.  

Nouakchott, avril 2017

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Mamadou Lamtoro Camara : Jeune orphelin, membre du COVICIM (Collectif des Victimes Civiles et Militaires). Nouakchott, novembre 2016.

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Mamadou Lamtoro Camara : Jeune orphelin, membre du COVICIM (Collectif des Victimes Civiles et Militaires). Nouakchott, novembre 2016.

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De jeunes orphelins se recueillent devant les portraits de proches ayant disparu durant les événements de 1989/1990. Nouakchott, novembre 2016.

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De jeunes orphelins se recueillent devant les portraits de proches ayant disparu durant les événements de 1989/1990. Nouakchott, novembre 2016.

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Des veuves du COVICIM (Collectif des Victimes Civiles et Militaires)  tendent des portraits de leurs maris ayant disparu durant les événements de 1989/1990. Nouakchott, novembre 2016.

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Des veuves du COVICIM (Collectif des Victimes Civiles et Militaires)  tendent des portraits de leurs maris ayant disparu durant les événements de 1989/1990. Nouakchott, novembre 2016.

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Manifestation organisée par le Collectif des veuves et le COVICIM (Collectif des Victimes Civiles et Militaires) à l’occasion de la journée de commémoration des événements de 1989/1990. Nouakchott, novembre 2016. 

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Manifestation organisée par le Collectif des veuves et le COVICIM (Collectif des Victimes Civiles et Militaires) à l’occasion de la journée de commémoration des événements de 1989/1990. Nouakchott, novembre 2016. 

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Rescapé d'Inal montrant les cicatrices laissées par les tortures infligées lors de son passage dans le camp. 

Nouakchott, novembre 2016. 

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Rescapé d'Inal montrant les cicatrices laissées par les tortures infligées lors de son passage dans le camp. 

Nouakchott, novembre 2016. 

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D'une manière générale, les noirs et les Haratine de Mauritanie sont bien souvent victimes de discrimination et relayés au rang de citoyens de seconde zone.

La plupart des membres de ces communautés se retrouvent bien souvent contraints de vivre dans des quartiers pauvres et des bidonvilles,  sans accès adéquat à la nourriture, à l’éducation, à l’eau, aux infrastructures sanitaires et aux soins médicaux.


 Les Haratine et les Négro-Mauritaniens qui, représentent deux tiers de la population, sont exclus de nombreux pans de la vie économique et sociale du pays. 


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Habitations de fortune. Gazra Bouamatou, bidonville majoritairement habité par des Haratine. Nouakchott, novembre 2016.

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Habitations de fortune. Gazra Bouamatou, bidonville majoritairement habité par des Haratine. Nouakchott, novembre 2016.

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Une femme remplit des bidons d'eau peau potable . Gazra Bouamatou, bidonville majoritairement habité par des Haratine. Nouakchott, novembre 2016.

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Une femme remplit des bidons d'eau peau potable . Gazra Bouamatou, bidonville majoritairement habité par des Haratine. Nouakchott, novembre 2016.

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Aniers remplissant des bidons d'eau potable. ces derniers seront ensuite acheminés  jusque dans les quartiers pauvres. Nouakchott, novembre 2016.

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Aniers remplissant des bidons d'eau potable. ces derniers seront ensuite acheminés  jusque dans les quartiers pauvres. Nouakchott, novembre 2016.

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Aniers remplissant des bidons d'eau potable. ces derniers seront ensuite acheminés jusque dans les quartiers pauvres. Nouakchott, novembre 2016

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Aniers remplissant des bidons d'eau potable. ces derniers seront ensuite acheminés jusque dans les quartiers pauvres. Nouakchott, novembre 2016

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Aniers se préparant à acheminer des bidons d'eau potable  jusque dans les quartiers pauvres. Nouakchott, novembre 2016

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Aniers se préparant à acheminer des bidons d'eau potable  jusque dans les quartiers pauvres. Nouakchott, novembre 2016

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Aniers acheminant des bidons d'eau potable jusque dans les quartiers pauvres. Nouakchott, novembre 2016.

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Aniers acheminant des bidons d'eau potable jusque dans les quartiers pauvres. Nouakchott, novembre 2016.

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En Mauritanie, militants abolitionnistes et défenseurs des droits humains sont les cibles de menaces et de persécutions de la part des autorités. Ceux qui prennent position contre l’esclavage sont régulièrement menacés ou placés en détention.

Aminetou Moctar, présidente de l'Association des femmes chefs de famille, accuse les autorités mauritaniennes d'être complices d'une campagne d'intimidation visant à la réduire au silence. Elle ne voyage plus maintenant qu’accompagnée d’un garde du corps  et son fils de 20 ans a déménagé aux États-Unis après avoir reçu des menaces de mort.

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Aminetou Moctar fondatrice du Centre d’accueil des Femmes Victimes de Violence et de l’esclavage ». Novembre 2016.

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Aminetou Moctar fondatrice du Centre d’accueil des Femmes Victimes de Violence et de l’esclavage ». Novembre 2016.

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Centre d’accueil des Femmes Victimes de Violence et de l’esclavage ». Novembre 2016.

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Centre d’accueil des Femmes Victimes de Violence et de l’esclavage ». Novembre 2016.

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Centre d’accueil des Femmes Victimes de Violence et de l’esclavage ». Novembre 2016.

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Centre d’accueil des Femmes Victimes de Violence et de l’esclavage ». Novembre 2016.

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Centre d’accueil des Femmes Victimes de Violence et de l’esclavage ». Novembre 2016.

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Centre d’accueil des Femmes Victimes de Violence et de l’esclavage ». Novembre 2016.

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Depuis mon départ forcé (avril 2017), les tensions en Mauritanie n’ont cessé de s’accentuer et dans les rues la colère est montée d’un cran. Les semaines qui suivirent, de nombreuses manifestations contre la modification de la constitution par le pouvoir en place eurent lieu dans les rues de la capitale, faisant de nombreux blessés. 

En août 2017, le Oui l’emporta finalement lors d’un référendum, donnant ainsi la possibilité au général Mohamed Ould Aziz de briguer un troisième mandat et de se présenter de nouveau lors des prochaines élections . 

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